Raito ouvrit lentement les yeux et se redressa, baillant tout en se massant le crâne, un peu perdu. Il lui fallut quelques secondes avant de se rappeler de l’endroit où il était et de sa soirée de la veille. À cette pensée, un sourire se dessina sur ses lèvres, et il se repassa mentalement les moments intenses et délicieux qu’il avait vécu. Ses yeux se posèrent sur L qui dormait encore, paisible dans son sommeil. Il était vraiment mignon ainsi, sa fine taille se dessinant sous les draps, les cheveux en bataille autour de la tête, un peu replié sur lui-même, son torse se soulevant doucement à chacune de ses respirations. Raito, prit d’un élan de tendresse, se pencha sur lui et caressa sa joue. Ce simple contact suffit à réveiller Ryuuzaki qui se retourna pour faire face à son amant. À la vue du beau châtain encore tout ébouriffé qui lui prodiguait un câlin, il rougit légèrement, ce qui le rendit encore plus mignon. Yagami contint un petit rire et déposa ses lèvres sur celles de son compagnon. Très vite, il voulut plus qu’un simple bisou et sa langue quémanda le passage. L ouvrit immédiatement la bouche. Ils s’embrassèrent un long moment, leurs langues se caressant avec douceur, leur baiser était délicat et voluptueux, il était dénué de brutalité, les deux hommes ayant épuisé toute leur bestialité durant la soirée : pour l’heure, il ne leur restait plus que de la tendresse à consommer.
_ Bien dormi ? demanda Raito dès que leur échange prit fin.
_ Huum, oui, très bien. C’est plutôt agréable de passer la nuit tout contre toi...
Yagami sourit de nouveau,cela lui arrivait de plus en plus souvent ces temps-ci, à croire qu’il se ramollissait ! Mais il n’y pouvait rien, c’était plus fort que lui, il fondait devant les airs adorables que L arborait par moments… Il aurait presque pu se trahir et avouer sa culpabilité si L l’avait interrogé au lit, avec une expression semblable à celle qu’il avait en cet instant, la tête sur l’oreiller, ses yeux noirs contrastant avec sa peau blanche fixés sur lui, la bouche légèrement entrouverte, les cheveux en bataille, affichant un air pas tout à fait réveillé, les joues légèrement rosies par l’audace des mots qu’il prononçait. Il était tellement craquant, à le voir ainsi, on ne pouvait avoir qu’une seule envie, le prendre dans ses bras et l’y serrer très fort. Il semblait si fragile, il inspirait le besoin de le protéger, on aurait crû encore un enfant et pourtant, sous ce visage d’ange se cachait une intelligence hors norme, une intelligence qui mettait Raito en danger. Ces pensées attristèrent Yagami, lui qui était pris du désir de protéger ce garçon qui lui faisait face, il se devait de le détruire, c’était inévitable… Mais il ne voulait pas penser à ça, pas maintenant, il était trop bien pour tout gâcher ! Alors il fit ce dont il avait tant envie : il prit Ryuuzaki dans ses bras et le serra très fort, l’appuyant contre lui comme s’il voulait ne plus jamais le lâcher. L répondit à son étreinte, il passa ses bras autour de sa taille, le rapprochant encore plus, ce qui eût pour effet de se faire toucher leurs intimités. Alors seulement ils prirent conscience de leur nudité : à moitié cachés par les draps et encore engourdis par le sommeil, il leur était complètement sorti de la tête qu’ils n’avait pas le moindre vêtement sur eux ! Alors que L virait au cramoisi, Raito se recula légèrement.
_ Il vaut mieux qu’on ne reste pas comme ça très longtemps, sinon je crois que mon entrejambe ne va pas tarder à réagir et on risquerait de passer le restant de la journée à faire des galipettes… Quoi que ça ne me déplairait pas, mais j’aimerais bien au moins manger un peu avant, histoire de reprendre des forces… dit-il, faisant s’empourprer Ryuuzaki de plus belle.
Sur ces mots, ils se levèrent, mais L, à demi debout, s’arrêta soudain, une légère grimace déformant ses traits…
_ Qu’est ce qui t’arrives ? lui demanda Raito, interloqué.
_ Euh, rien, rien, dit L, qui devenait encore plus rouge qu’auparavant.
Yagami ne chercha pas à comprendre, mettant ce comportement bizarre sur le fait de la gêne, et ils enfilèrent rapidement un caleçon. Ryuuzaki allait mettre son pantalon lorsque Raito l’arrêta :
_ Non non pas besoin de jean, tu es très bien comme ça, il ne fait pas froid du tout, tu peux bien rester en sous vêtements ! C’est tellement plus appréciable…
_ Oh, et tu crois que tu pourras te contrôler si je reste comme ça ? répliqua-t-il d’un ton taquin.
_ Je tiendrais bien un peu ! Mais attention le goinfre, je te préviens, tu ne passes pas trois heures à engloutir la totalité du frigo !
Après avoir ri de cette dernière phrase, ils finirent par se diriger vers la cuisine, L marchant devant, toujours très enthousiaste lorsqu’il s’agissait de nourriture. Mais il eût à peine fait quelques pas que Raito remarqua qu’il marchait bizarrement, et un peu trop lentement… Soudain, il comprit, et la grimace de L quelques minutes auparavant s’expliqua. Il ne put s’empêcher de rigoler tout en se moquant gentiment de son amant :
_ Alors comme ça on marche en canard L ? Ton postérieur te fait souffrir ?
L de nouveau s’empourpra, tandis que Yagami, riant toujours, lui passa un bras autour des épaules, et l’attira à lui pour l’embrasser rapidement dans le cou.
_ Arrête de rougir si facilement, tu deviens tellement mignon que ça me donne encore plus envie de te taquiner… lui murmura-t-il à l’oreille avant de se reculer et de repartir vers la salle à manger.
Quelques minutes plus tard, Raito considérait le contenu du réfrigérateur avec attention, tandis que L trépignait d’impatience derrière lui.
_ Raitooo qu’est-ce que tu fous à contempler ce frigo, c’est pas une œuvre d’art, j’ai faim moi, pousse toi que je puisse me servir !!
_ Passe moi plutôt un plateau au lieu de t’agiter comme un gosse !
_ Pourquoi faire un plateau ?
_ Eh bien, vois tu, je n’ai aucune envie de rester sur ce carrelage froid alors qu’un lit douillet nous attend, donc on va tout emporter dans la chambre !
Et c’est ainsi que un Yagami et un Ryuuzaki portant des plateaux remplis à ras bord de sucreries en tout genre ( on l’aura deviné, c’est la part de L…) ainsi que des viennoiseries et une bouteille de lait franchirent la porte de la chambre et allèrent s’installer bien au chaud sous les couvertures pour déguster un petit déjeuner bien mérité. Il faut dire qu’il étaient affamés et assoiffés, n’ayant rien bu ni mangé après leur nuit très… agitée.
Lorsqu’ils eurent tout englouti, Raito s’étira, puis cala leurs coussins contre le mur avant de s’y adosser, se mettant tout à son aise, puis il attira un peu L à lui, l’incitant à se placer dans la même position. Une fois cela fait Yagami engagea la conversation, il y avait plusieurs point qu’il voulait éclaircir, dont un en particulier…

_ Dis moi L… Hier soir… C’était ta première fois n’est ce pas ?
Ryuuzaki fut un peu surpris, il ne s’attendait pas à une telle question, puis, il était décontenancé : Raito parlait de leur nuit de la veille avec aisance, sans la moindre gêne, alors que lui rougissait à la moindre évocation qu’on y faisait !
_ Euh… c’est quoi cette question ?! Tu connais la réponse en plus, tu sais parfaitement que c’était ma première fois ! Ça l’était pour toi aussi, non ?
_ Bien entendu que c’était ma première fois aussi avec un garçon ! Mais ça c’est évident, ce n’est pas ce que je te demandais. Ce que j’entends par « ta première fois », c’est que c’était ta première expérience sexuelle, la première fois que tu couchais avec quelqu’un. Tu étais totalement puceau, tu n’avais jamais eu de relations avec une fille non plus, je me trompe ?
_ Eh bien… non, tu ne te trompes pas, tu as vu juste. C’est que en fait, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de rencontrer une fille, depuis mon enfance j’ai été élevé dans une sorte de pensionnat spécialement dédié à ceux dont l’intelligence était supérieure à la normale, et où l’on m’a formé à mon métier de détective privé. Je n’ai presque aucun contact avec le monde extérieur, je fais tout pour que nul ne connaisse mon identité et ma physionomie, c’est une des conditions principales pour assurer ma protection et ma réussite. L’enquête Kira est la seule où je suis forcé de me montrer à visage découvert aux gens de l’investigation et pire, à mon suspect principal, toi. Dans de telles conditions, je n’avais ni le temps ni la possibilité de me trouver une petite amie.
Et toi, à part Misa, tu avais eu d’autres petites amies ?
_ Une seule, avec qui j’était sorti avant de connaître Amane. Mais je n’étais resté avec elle que très peu de temps, et on s’est quittés avant d’avoir « conclu ». En somme, je n’ai couché qu’avec une seule femme, Misa.
_ Et… tu préfères quoi alors ? Fille ou garçon ?
L savait très bien que Raito comprendrait immédiatement le vrai sens de cette question, soit « Qui as-tu préféré entre moi et elle ? », mais il n’avait pu s’empêcher de la poser, il voulait savoir.
_ Si je te dis qu’après notre nuit je ne suis même plus sûr d’être bisexuel, et que je pense être complètement homo, ça te suffit ? Tu t’imagines, tu m’as rendu tout à fait gay ! Pour mon coming out, c’est toi qui iras l’annoncer à mon père, après tout c’est de ta faute !
Ryuuzaki ne put retenir un grand éclat de rire, d’une part parce que cette réponse l’égayait bien plus qu’il n’aurait crû et qu’il ne pouvait contenir sa joie, d’autre part parce que s’imaginer la tête de papa Yagami en train d’apprendre l’homosexualité de son fils était réellement comique !
Raito lui ne rit pas, il avait l’air un peu préoccupé, quelque chose le déranger, quelque chose qu’il se devait de mettre au clair. Il finit par poser la question qui le taraudait depuis qu’il s’était réveillé :
_ Ryuuzaki… qu’est-ce que tu ressens pour moi au juste ?
Le détective, qui ne s’attendait pas à une telle interrogation, ouvrit grand les yeux et resta bouche bée, ne trouvant rien de mieux à bégayer qu’un « Hein ? Qu’est-ce que tu veux dire ? ».
_ Je veux dire… Hier soir… Tu m’as demandé, à deux reprises, de te faire l’amour. Sur le coup, ça m’a paru normal, ça ne m’a pas choqué, mais ce matin j’y ai repensé, et ça m’a paru plutôt ambiguë : ce terme, « faire l’amour » , ça ne s’utilise que lorsqu’il y a des sentiments… L, tu n’es quand même pas… amoureux… de moi ?
_ N…non ! Mais bien sûr que non ! Qu’est ce que tu vas chercher ! C’est juste que… euh… Je trouve ça plus beau de le dire comme ça, c’est tout ! J’aurais trouvé ça rabaissant et dégradant de te dire de me prendre, ou pire, de me baiser. Rien de plus ! se défendit vivement Ryuuzaki.
_ Hum… mouais, si tu le dis. finit par concéder Yagami, l’air peu convaincu, avant d’hausser les épaules en signe de désintéressement, montrant que quoi qu’il en soit, pour lui, l’affaire était close.
Puis il resta pensif un instant, avant de se retourner vers L, les yeux brillants de malice, l’air d’avoir une idée derrière la tête. D’un ton qui ne présageait rien de bon, l’air presque prédateur, il déclara, exagérant l’intonation :
_ L ?… J’ai une idée…
Voilà mon
problème de connexion à internet est
réglé ! Je suis super contente
car on m'avait dit que ça risquait
de prendre 15 jours, heureusement ça n'a pas duré si
longtemps ! Pour me faire pardonner de vous avoir fait attendre,
j'ai essayé de faire un chapitre plutôt long,
j'espère que ça vous a plu ? Bisous
!





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