L et Raito, qui
s’étaient endormis dans le canapé, furent
réveillés dans la matinée par la sonnerie de
la porte d’entrée qui résonnait avec
insistance. Surpris, ils se levèrent péniblement pour
aller ouvrir aux importuns, et quelle ne fut pas leur surprise en
se retrouvant nez à nez avec trois enquêteurs
spéciaux qui travaillaient avec L à attraper
Kira. 

Les trois hommes, en
costume, présentèrent leurs badges d’agents,
plus par formalité qu’autre chose puisqu’ils
étaient connus des deux amants, étant donné
qu’ils étaient les collègues (ou plutôt
les subalternes) de Ryuuzaki, et qu’en conséquent, ils
avaient déjà vu et revu le suspect principal,
autrement dit Yagami. De plus, l’une de ces personnes
n’était autre que Soichiro Yagami, le père de
Raito. En effet, Raito était le fils d’un des
policiers les plus gradés de Tokyo, voilà pourquoi il
semblait si improbable qu’il fût réellement
coupable, et le fait que son père participe à
l’affaire dont il était le suspect principal lui
assurait le respect et un traitement correct et d’égal
à égal de la part des
inspecteurs.
_ Euh bonjour…
Qu’est-ce que vous faites là ? Je ne vous ai pas
appelé…
_ Excuse nous L, on sait
que tu détestes qu’on prenne des initiatives sans
t’en parler, mais c’est que là, c’est un
peu particulier… Et si on s’asseyait pour en discuter
? Répondit d’un air gêné l’un des
détectives. Il devait avoir une vingtaine
d’années, la frange de ses cheveux noirs et lisses
retombait sur ses yeux marrons, c’était un individu
très sympathique, mais il manquait quelque peu de
sérieux et se laissait souvent aller à la
rigolade.

_ Tu m’as
l’air bien grave Matsuda, ça ne te ressembles pas. dit
L tandis qu’ils s’installaient autour de la table
basse, L et Raito sur un des canapé, deux des
enquêteurs sur celui d’en face, et Soichiro sur un
fauteuil juste à côté.

_ En fait… si nous
sommes venus comme ça, sans prévenir ni rien,
c’est que ce matin très tôt, Misa a
débarqué dans nos bureaux, elle était
complètement hystérique, elle pleurait à
s’en étouffer, et ce qu’on a pu comprendre des
paroles qu’elle émettait entre ses sanglots
était plutôt alarmant… Elle
prétend… hum, ce n’est pas facile à
dire… Ne le prenez pas mal surtout, de toute façon je
suis sûr que c’est faux, nous n’avons pas
accordé d’importance à ses paroles, mais tout
de même, on voulait être
sûrs…
_
Viens en au fait Matsuda !
S’écria Raito, agacé, et inquiet de ce
qu’il allait entendre.
_ Bon, je me lance ! Eh
bien, Misa prétend que tu l’aurais
quitté… pour L ! Elle s’était accroupie
par
terre et au milieu de ses
plaintes comme quoi elle voulait mourir, qu’elle
n’avait pas mérité ça etc., elle criait
avec désespoir qu’elle t’avais perdu, que tu
étais devenu homo et qu’elle en avait eu la preuve,
que toi et L vous étiez fait des mamours (c’est sa
propre expression) devant ses yeux. Elle nous a ensuite
supplié de venir vous voir pour vous
« raisonner ».
_ Ah… Je
vois… En réalité… Le fait est
que… Nous avons menti !
Voyant les regards
interrogateurs de ces interlocuteurs, Raito se décida
à développer sa
« défense » :
_ Oui, nous avons menti,
à Misa. C’est une histoire à dormir debout,
mais après tout elle n’est pas une lumière et
elle a tout gobé. Je voulais la quitter depuis
déjà longtemps, elle m’importunait, elle est si
bête, mais je savais qu’elle ne me laisserais pas en
paix si facilement, alors j’ai eu l’idée de dire
que j’avais changé de bord, pour pouvoir la plaquer
sans qu’elle ne revienne à la charge. L a bien voulu
m’aider, et on lui a fait croire que nous étions un
couple, et que je la laissai tomber pour Ryuuzaki. Voilà,
c’est tout.
_ L, tu confirmes ?
Demanda Aizawa, un homme aux cheveux frisés et à
l’air sérieux.
_ Euh, oui je confirme,
oui oui, bien sûr ! s’empressa-t-il de répondre
dès qu’il eût fini de manger un biscuit qui
traînait sur la table depuis la veille, avant de
s’emparer rapidement d’un second
gâteau…
_ Franchement à
quoi d’autre vous vous attendiez, vous ne pensiez quand
même pas que moi et L on pourrait… être gays !
Et en plus, sortir ensemble, ce serait le comble ! Vraiment, vous
me décevez sur ce coup là ! s’écria
Raito, voulant ainsi définitivement clore la conversation
qui le gênait au plus haut point.
_ Non non, bien
sûr, on a jamais pensé que toi et L… Enfin,
bon, maintenant, on en a le cœur net, c’est parfait.
Juste une dernière chose… Misa a prétendu vous
avoir vu vous faire « des
mamours »…
_ Oh, ça ! Ce
n’était rien ! J’ai juste enlacé Ryuuzaki
en jouant la tendresse, mais cette fille est tellement
impressionnable, il lui suffit d’un rien pour tirer des
certitudes, cette simple étreinte était une preuve
amplement suffisante pour elle. Par contre je compte sur vous pour
ne rien révéler de la supercherie à Misa,
laissez la croire que je suis une tapette, ça arrange mes
affaires !
_ Très bien, de
toute façon toi et Misa ça ne nous regarde pas,
c’est à toi de voir, moi personnellement si
j’avais une fille comme ça folle de moi, c’est
sûr j’en profiterais hé hé…
répondit Matsuda d’un ton enjoué, avant
d’être coupé par un « Hum
! » impératif en provenance de son
collègue Aizawa.
_ Mais je
m’égare, ce n’est pas le sujet… se
rattrapa Matsuda tant bien que mal, tandis qu’Aizawa prenait
la parole :
_ Puisque nous sommes
ici, c’est l’occasion de parler un peu de
l’avancement de l’enquête ! Alors, L, où
en es-tu ? Tu nous a demandés de te laisser tout prendre en
main, disant que tu nous communiquerais tes avancées sur
l’affaire, mais nous n’avons eu aucune nouvelles ! On a
quand même accepté tout ce que tu voulais, et pourtant
tu ne demandais pas peu ! Tu as eu le droit de te menotter à
ton suspect pour mieux le surveiller, on a placé des
caméras et des micros dispersés un peu partout dans
cet appartement pour que tu puisses visionner et
réécouter tous les faits et gestes de Raito à
volonté, au cas où quelque chose t’aurait
échappé, et tu nous as interdit de voir les
enregistrements de ces appareils, assurant que tu t’en
sortirais tout seul ! Tu as beau être le meilleur et plus
réputé détective du moment, tu ne peux pas
opérer complètement seul, tu nous as
littéralement mis hors de l’investigation
!

_ Calme toi, Aizawa.
J’ai la situation en main (à ces mots, il secoua
vivement le cookie qu’il tenait à la main dans un
geste d’éloquence, avant de le porter à sa
bouche pour y mordre à pleines dents : eh oui, en toute
situation, Ryuuzaki se devait de grignoter quelque chose,
c’était un de ses caractères les plus
distinctifs). Je ne communique aucun résultat car pour
l’instant il n’y en a pas.
Patience.

_ Et pour Yagami ? Tu
t’acharnes sur lui depuis le début alors que nous
avons déjà énormément investigué
à son sujet et nous n’avons eu aucune preuve de sa
culpabilité, tu devrais laisser tomber ce suspect, tu
n’es pas invincible, admets que pour une fois tu t’es
trompé, et innocente enfin Raito !
_ Si je n’ai pas de
preuve de sa culpabilité, je n’en ai pas non plus de
son innocence, il restera mon suspect numéro 1 tant que je
n’aurais pas une preuve décisive, qu’elle le
rende blanc comme neige ou qu’elle démontre sa
responsabilité. Je le répète,
patience.
_ Bon, nous devrions
peut-être nous en aller maintenant ? avança timidement
Matsuda, sentant que la situation ne tarderait pas à
dégénérer : en effet, Aizawa avait du mal
à se faire au méthodes de L, qui « la
jouait » trop solo à son goût, et cela
était un sujet de discorde qui avait failli mener Aizawa
à la démission.
_ Allons-y. Raito, L, au
revoir. marmonna celui-ci avec
contrariété.
_ Encore
désolé d’être venus sans te
prévenir L, et à bientôt. dit Matsuda
d’un ton enjoué qui contrastait avec celui de son
collègue.
Quant à Soichiro
Yagami, qui n’avait pas desserré les dents depuis
qu’ils étaient arrivés, il regarda son fils et
L avec des éclairs dans le regard, et, la voix tremblante de
rage, laissa voir la raison de son mécontentement en criant
presque « La prochaine fois abstenez-vous de monter de
tels plans ! Raito, mon garçon, ça me fait
déjà assez souffrir que tu sois
soupçonné d’être un criminel, ce
n’est pas la peine qu’en plus tu sois
soupçonné d’être homosexuel ! Je ne sais
pas laquelle de ces deux possibilités me ferait le plus de
mal, avoir un fils tueur ou bien un fils gay
! ».

À ces mots, Raito
s’empourpra, on n’aurait su dire si
c’était de haine ou de honte, mais il ne
répondit rien et se contenta d’un léger
hochement de tête. L quant à lui restait maître
de lui-même, seule une légère lueur de peine
dans ses yeux, presque imperceptible, montrait que les propos
homophobes de son associé le blessaient.

Puis les trois hommes se
levèrent et se dirigèrent vers la
sortie.
_ Aurevoir,
marmonnèrent Ryuuzaki et Raito, que cette visite surprise
était loin d’avoir
égayé.

Oui je sais je fais
passer Soichiro pour un salopard homophobe alors
que dans l’animé c’est quelqu'un de plutôt
bien, mais je ne lui ai jamais pardonné de ne pas avoir
tué Mello quand il en avait l’occasion, si il
l’avait fait tout aurait été
différent… et mieux (pour Kira) ! Ouaais
j’suis pro-kira, même si je suis folle de L aussi ^^)
!
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